Je voudrais retrouver les pensées que je disais il y a un instant, enfin, il y a en réalité bien longtemps, mais ça me parait si récent. La différence, purement matérielle, était dans les images évoquées; un azur profond enivre mes yeux, des impressions de fraîcheur, d'éblouissante lumière, qui tournoient près de moi, et dans mon désir de les saisir.
Je n'arrête pas de penser a toi, en mangeant, en dormant, en pleurant, en respirant, en vivant tout simplement. Mais je m'efforce de vivre, peut-être parce que je ne veux pas cesser de penser a toi. C'est peut-être parce que c'est la seule façon de t'avoir encore un petit peu auprès de moi...
Mais de toute façon, peut importe la façon dont tu marches et chemines dans mes pensées, en ligne ou en rond, je t'empêcherais d'y laisser des marques, car quand le moment de quitter ce monde sera venu, je veux que cet endroit reste vide à tout jamais.
D'ailleurs, la croyance celtique me semble très raisonnable, que les âmes de ceux que nous avons perdus, sont captives dans quelque être inférieur, dans un animal, un végétal ou même une chose inanimée, des personnes, qui nous ont quitté, jusqu'au jour, qui pour beaucoup ne vient jamais, ou nous nous trouvons, passer près de l'arbre, entrer en possession de l'objet qui est leur prison. Alors elles tressailles, nous appellent, et sitôt que nous les avons reconnues, l'enchantement est brisé. Les ayant délivrées, elles ont vaincues la mort et reviennent alors vivre avec nous.
Il en est ainsi de notre passé. C'est peine perdue que nous cherchons à l'évoquer, tous les efforts de notre intelligence sont inutiles. Il est caché hors de son domaine, et hors de notre portée. Tout dépend du hasard, que nous le retrouvions avant de mourir, ou que nous ne le retrouvions pas. Son déploiement constitue tant de choses, les conversations les plus banales, les gestes les plus quotidiens, il débouche a tout moment sur son apparence, qui à la fois le masque et le révèle ...